Sargasses

Etat de la situation, présenté lors d'une réunion le 6 mai 2026 entre la Collectivité et les services de l'Etat, en présence de référents de quartiers
Les sargasses sont des algues brunes flottantes naturellement présentes dans l’Atlantique. Depuis 2011, les échouements massifs dans les Caraïbes sont devenus beaucoup plus fréquents et importants. Contrairement à une idée reçue, ce phénomène ne s’explique pas uniquement par la pollution en Amazonie ou les feux de forêt en Afrique. Les scientifiques évoquent plusieurs facteurs combinés : évolution des courants océaniques, hausse de la température de l’eau, apports en nutriments issus des grands fleuves (notamment l’Amazone), conditions météorologiques et circulation des vents. Depuis 2011, une vaste zone de prolifération de sargasses s’est développée dans l’Atlantique tropical, au sud de la mer des Sargasses historique. Cette nouvelle ceinture de sargasses traverse désormais l’Atlantique d’est en ouest et touche régulièrement les Caraïbes, avec des volumes en augmentation certaines années.
Autre idée reçue : nous ne sommes pas face à un futur scandale sanitaire comparable à celui de la chlordécone. Les sargasses sont globalement peu dangereuses lorsqu’elles flottent en mer, même si certaines personnes signalent des irritations cutanées ou des sensations comparables à des piqûres de méduses. Le principal risque apparaît lorsqu’elles échouent et commencent à se décomposer. Elles dégagent alors notamment du sulfure d’hydrogène (H2S) et de l’ammoniac (NH3). Ces gaz peuvent provoquer des maux de tête, irritations, nausées ou troubles respiratoires, surtout en cas d’exposition prolongée ou à proximité immédiate des zones d’échouement. Leur concentration diminue rapidement lorsqu’on s’éloigne, mais la répétition et la durée d’exposition constituent les principaux facteurs de risque. La Collectivité de Saint-Barthélemy a mis en place un réseau de mesure et d’analyse en temps réel des gaz liés aux sargasses et travaille avec Madininair à l'élaboration d'une carte permettant l'accès à ces informations pour le public. Sujet déjà mentionné il y a plusieurs mois, date de mise en ligne non disponible à ce stade.
D’après les services de l’État, la Collectivité de Saint-Barthélemy est particulièrement mobilisée sur ce sujet. La stratégie actuelle repose sur trois niveaux d’action. Objectif principal : éviter les échouements et traiter les sargasses le plus possible en mer.
Niveau 1 : intervention en mer Dévier ou récupérer les sargasses avant leur arrivée sur les côtes, Rejet en mer ou expédition hors de Saint-Barthélemy, en raison des contraintes foncières locales, Projet de mobilisation d’une barge dédiée Soutien par la Collectivité au rôle des pêcheurs dans la détection et l’intervention, Test de nouveaux dispositifs de collecte (houle).
Niveau 2 : protection des zones les plus exposées Les quatre secteurs actuellement les plus concernés sont Anse des Cayes, Marigot, Grand Culde-Sac et Petit Cul-de-Sac. Des barrages flottants doivent être expérimentés. Le premier dispositif est prévu à Marigot à partir d’août 2026. Leur mise en œuvre reste techniquement complexe, avec un objectif initial d’apprentissage avant un éventuel déploiement sur d’autres sites.
Niveau 3 : ramassage des sargasses échouées Le volume ramassé à Saint-Barthélemy aurait augmenté d’environ 40 % en trois ans. Cette solution reste la moins satisfaisante : elle peut fragiliser les plages, elle pose des difficultés de stockage, elle génère des nuisances (gaz, pollution potentielle des sols). Les sargasses sont ensuite évacuées par barge, soit en mer soit sur terre dans d'autres îles. Le frein actuel à la résorption du stock serait la possibilité de mobiliser des barges pour l'évacuer. Une dépollution du site et la construction d'une zone de stockage protégé seraient également prévues, mais sans précision à ce stade.
D'une manière générale, la mise en oeuvre de ces mesures est ralentie par les délais de mise en concurrence et de passation des marchés nécessaires. Une reconnaissance par l'Etat du statut d'urgence, qui pourrait permettre de s'affranchir de ces contraintes, est demandée par plusieurs élus présents.
Mise à jour de cette page : août 2026